Comment traduire Proust ?

Comment traduire Proust ?

Problématiques traductologiques et réflexions théoriques

Les 28 et 29 novembre 2013, Bâtiment Le France, Noyau A, Salles CNRS 640-641, 190-198, avenue de France, 75013 Paris (Métro : Quai de la Gare).

À l’occasion du centenaire de la publication de Du côté de chez Swann, un colloque, organisé par la SEPTET, Société d’Etudes des Pratiques et Théories en Traduction (société de spécialité issue de la Société des Anglicistes de l’Enseignement Supérieur) et le Réseau Asie-Imasie (CNRS), rassemblera sur deux jours une quinzaine de spécialistes pour débattre du processus de traduction de l’œuvre de Proust dans des langues aussi diverses que possible : anglais, allemand, arabe, chinois, catalan, espagnol, grec, italien, japonais, mongol, norvégien, persan, polonais, portugais, russe, turc. 

Organisé par :

  • SEPTET – Société d’Etudes des Pratiques et Théories en Traduction
    (Société de spécialité de la Société des Anglicistes de l’Enseignement Supérieur)
  • Le Réseau Asie-Imasie
    (Centre national de la recherche scientifique / Fondation Maison des sciences de l’homme)

Comité organisateur :

Comité scientifique :

  • Viviana Agostini-Ouafi (Université de Caen)
  • Jean-Claude Coquet (Université de Paris VIII)
  • David Elder (Edith Cowan University, Perth)
  • Karin Gundersen (Université d’Oslo)
  • Geneviève Henrot Sòstero (Université de Padoue)
  • Robert Kahn (Université de Rouen)
  • Florence Lautel-Ribstein (Université d’Artois et SEPTET)
  • Magdalena Nowotna (INALCO, Paris)
  • Jacques Legrand (INALCO, Paris)
  • Inês Oseki-Dépré (Université d’Aix-Marseille)
Inscription et renseignements : auprès de Marine Sam ( marine.sam@cnrs.fr)
Entrée : 20 euros/10 euros (étudiants)
Possibilité de déjeuner sur place.
PROGRAMME
Jeudi 28 Novembre

8h45 : Accueil des participants
9h15 : Ouverture du colloque par Florence Lautel-Ribstein et Madgalena Nowotna
9h30 : Conférences inaugurales
– Jean-Claude COQUET (Université de Paris VIII), Comment traduire l’expérience ?
– 
Geneviève HENROT SÒSTERO (Université de Padoue), Swann et Babel : la Recherche au défi des langues.



11h00-13h00 : Session 1 : Comment traduire Proust dans les langues scandinaves et germaniques ?
Présidence : Florence LAUTEL-RIBSTEIN (Université d’Artois et SEPTET)

– Proust en norvégien :
11h-11h30 : Karin GUNDERSEN (Université d’Oslo), Du côté de chez Swann en norvégien : erreurs de lecture du traducteur et éclairage de la singularité de l’écriture proustienne.
11h30 – 11h 45 : Pause
– Proust en allemand :
11h45-12h15 : Françoise WUILMART (CETL, Bruxelles et CTLS, Seneffe)Quand la syntaxe et le temps proustiens se germanisent.
– Proust en anglais :
12h15-12h45 : France DUPUIS (LLL, Université d’Orléans) et Florence LAUTEL-RIBSTEIN (Université d’Artois et SEPTET), Motivations, profilages et thématisation dans la traduction de Du côté de chez Swann en anglais : pour une nouvelle méthodologie du traduire littéraire.

12h45 – 13h00 : Débats
13h00 – 14h45 : Pause déjeuner

14h45 – 17h30 : Session 2 : Comment traduire Proust dans les langues romanes et la langue grecque ?
Présidence : Viviana AGOSTINI-OUAFI

– Proust en italien :
14h45-15h15 : Viviana AGOSTINI-OUAFI (Université de Caen Basse-Normandie), Les lois génératives du roman poétique proustien et l’« archicompétence » du traducteur en italien.
– Proust en portugais :
15h15 – 15h45 : Inês OSEKI-DÉPRÉ (Université d’Aix-Marseille), Des traductions portugaises de Proust à la lumière de Beckett.
15h45 -16h00 : Débats
16h00 – 16h15 : Pause
– Proust en catalan et en espagnol :16h 15-16h 45 : Ramon LLADÓ (Université autonome de Barcelone), Traduire l’éphémère de la sensation du temps dans l’incipit proustien. Analyse comparative de plusieurs versions espagnoles et catalanes
– Proust en grec :
16h45 – 17h15 : Panagiotis POULOS (Ecole des Beaux-arts d’Athènes), Enjeu du traduire proustien en grec : problématiques du rapport au réel et de la pensée de l’art

17h15 – 17h30 : Débats

 Vendredi 29 Novembre

9h15 – 12h00 : Session 3 : Comment traduire Proust dans les langues japonaise et chinoise ?
Présidence : Siyan JIN (Université d’Artois)

– Proust en japonais :
9h15 – 9h45 : Kazuyoshi HOSHIKAWA (Université de Kyôto), Une nouvelle traduction complète d’À la recherche du temps perdu en japonais : compréhension, expression, illustrations
– Proust en chinois :
9h45 – 10h15 : TU Weiqun (Institut des littératures étrangères, Académie des sciences sociales de Chine),  Les possibilités du chinois contemporain face à la richesse langagière proustienne
10h15 -10h30 : Débats
10h30 -10h45 : Pause

10h45 – 12h00 : Session 4 : Comment traduire Proust dans les langues slaves ?
Présidence : Jacques LEGRAND (INALCO)

– Proust en russe :
10h 45-11h 15 : Elena LOZINSKY (Université du Maryland), À la recherche de l’insaisissable : traduire l’intertextualité de Marcel Proust en russe
– Proust en polonais :
11h 15-11h 45 : Magdalena NOWOTNA (INALCO, Paris), Traduire la souffrance amoureuse en polonais dans La Fugitive Albertine disparue

11h45 – 12h00 : Débats
12h00 – 14h00 : Pause déjeuner

14h-17h 45 : Session 5 : Comment traduire Proust dans les langues altaïques et les langues arabe et persane ?
Présidence : Magdalena NOWOTNA (INALCO)

Proust en mongol :
14h-14h 30 : Jacques LEGRAND (INALCO), Quelques réflexions sur des choix lexicaux possibles pour la traduction de Proust en mongol
Proust en turc :
14h 30-15h : Sündüz KASAR (Université technique Yildiz, Istanbul), D’une traduction à l’autre, l’univers sémiotique d’ Un amour de Swann en turc

15h00 – 15h15 : Débats
15h15 -15h30 : Pause

Proust en arabe :
15h 30-16h : Jacqueline COURIER-BRIERE (ITEM/CNRS), Comment traduire en arabe la temporalité de Du côté de chez Swann ?
Proust en persan :
16h00 -16h30 : Amir MOGHANI (INALCO), Proust en persan : traduction sous contraintes ?

16h30-16h45 : Débats

Ce colloque, initié au sein de la SEPTET, Société d’Etudes des Pratiques et Théories en Traduction, société de spécialité issue de la SAES, et organisé en collaboration avec le Réseau Asie/CNRS, réunira sur deux jours une quinzaine de participants pour débattre du processus de traduction de l’œuvre de Proust dans des langues aussi diverses que possible : anglais, allemand, arabe, chinois, catalan, espagnol, grec, italien, japonais, mongol, norvégien, persan, polonais, portugais, russe, turc.  Il s’ouvrira par deux conférences, l’une donnée par un proustien, l’autre donnée par Jean-Claude Coquet, sémitioticien et phénoménologue, et portant sur les problématiques de traduction.

Le titre choisi, Comment traduire Proust, met l’accent sur la réflexion et la théorisation traductologique contemporaine qui nourrissent les méthodologies du traduire littéraire susceptibles d’éclairer d’un jour nouveau les effets de sens de la spécificité de l’écriture proustienne, son organisation, son agencement  textuel et ses spécificités langagières.

Qu’il s’agisse des théoriciens G. Steiner, H. Meschonnic, P. Ricœur ou A. Berman, tous sont d’accord sur l’importance accordée en premier lieu à l’analyse du texte source. En  réunissant philosophie et linguistique du sujet, la réflexion traductologique prendra en considération le centre à la fois axiologique et formel du texte source. On privilégiera l’analyse du texte source grâce à la sémiotique ou toute autre théorie littéraire (approche phénoménologique, cognitiviste, psychanalytique, etc) ou langagière (théorie de l’énonciation et des instances énonçantes (J-C Coquet), théorie des formes sémantiques (Y-M Visetti/ P. Cadiot), troisième texte (P. Ricoeur), grammaire conceptuelle (M. Nowotna),  etc).

Une fois bien assise dans la langue/culture française, cette analyse n’a de possibilité d’envol, de décollage vers l’autre langue/culture qu’à travers une seconde étape, celle de la conceptualisation. On développera donc dans un second temps une démarche traductive cohérente en s’appuyant sur une ou plusieurs théories ou sur une réflexion conceptuelle aboutie qui seule permet d’approcher la matière à traduire dans sa profondeur, dans ses moindres recoins. On tentera d’établir une échelle de valeurs ou une hiérarchie des priorités afin de donner les bases de l’analyse des orientations traductives vers les différents textes cibles. On ne reculera évidemment pas devant l’évaluation d’une ou plusieurs versions existantes dans une langue particulière, les outils théoriques  nous permettant  cette démarche.

Il sera possible d’envisager brièvement, de façon annexe, l’aspect historique des traductions dans telle ou telle langue, bien que cette dimension diachronique ne se situe pas au cœur des investigations envisagées.