Traduction et Philosophie du Langage

Traduction et Philosophie du Langage

Colloque international

les 9 et 10 mars 2007, Université de Strasbourg II, Palais universitaire
9, Place de l’Université, Salle Fustel de Coulanges, 67000 Strasbourg

En collaboration avec : Le Ministère de l’Enseignement Supérieur, L’Université de Strasbourg II-Marc Bloch, Le Conseil Régional d’Alsace, La Ville et la Communauté Urbaine de Strasbourg

 

Comité organisateur :

  • Florence Lautel-Ribstein,
  • Camille Fort,
  • Annie Cointre,
  • Marielle Seichepine,
  • Yann Tholoniat,
  • Andrew Eastman

Comité scientifique :

  • Camille Fort,
  • Jean-René Ladmiral,
  • Antonio Lavieri,
  • Jean-Jacques Lecercle

Les pratiques et théories de la traduction révèlent une approche du langage multiple, définie à partir de la compréhension que l’homme prend de lui-même et du monde. La langue dont se sert le traducteur repose sur une philosophie du langage qui a varié au cours des siècles : objet d’un débat autour de la dialectique au moyen Age, puis pris dans les discussions du nominalisme, de la théorie des signes au XVIIIème siècle, de l’origine des langues dans l’idéalisme allemand, le langage devient parfois à l’époque contemporaine système autonome de dépendances internes pour certains linguistes. Mais l’activité traduisante, en particulier dans le domaine littéraire, pose une problématique essentielle : celle du rapport du langage aux opérations logiques non réductibles à telle structure de langue. Si donc le problème central du langage est celui de la référence à quelque chose d’autre que lui-même, si sa fonction est symbolique, alors la traduction, située au carrefour des sciences humaines et sociales, implique :

  1. une réflexion sur la solidarité entre théorie du langage, théorie de la littérature et théorie de la philosophie, ainsi qu’une interrogation sur la distinction ontologique entre écriture et traduction et la dichotomie sens/forme en poésie.
  2. la prise en compte de l’altérité d’autres traditions culturelles et philosophiques, d’une véritable ouverture interculturelle de la traduction où les catégories occidentales devront se remettre en question à travers un regard vers l’orient en particulier.

Ces deux problématiques pourront être abordées soit dans une perspective diachronique, soit dans une perspective synchronique à travers divers courants philosophiques : celui de la conception analytique de la philosophie du langage qui poursuit une tâche de clarification du langage (une certaine traductologie descriptive ne participe-t-elle pas du positivisme logique dans sa volonté de systématiser les phénomènes observables ?), celui de la philosophie du langage ordinaire avec Ludwig Wittgenstein ou J.L. Austin, ou encore celui de la phénoménologie du langage issue de Husserl (le langage est renvoyé à une expérience qui précéderait le langage) et de Merleau-Ponty pour qui les structures linguistiques sont subordonnées au travail de l’expression.  On pourra également s’interroger sur les conséquences pour le traduire de l’héritage marxiste où l’on exclut de faire de la signification un objet idéal, une essence habitant la matérialité du signe (qu’en est-il alors des problèmes d’équivalence, de fidélité au texte, etc. ?). Le courant herméneutique, quant à lui, en renvoyant à une accentuation du signifié et de l’au-delà du signifié, à l’intention du texte et de l’auteur du texte, n’a-t-il pas tendance à magnifier un modèle idéal de traduction ? Le débat pourra évidemment s’éclairer en direction de la sémiotique où les cinq concepts, le signe, le signifié, la métaphore, le symbole et le code (Umberto Eco) seraient revus à travers la pratique du traduire.

PROGRAMME :

Vendredi 9 mars

8 h 45 : Accueil des participants
9 h 00 : Allocution de M. François-Xavier CUCHE, Président de l’Université Strasbourg II
9 h 10 : Introduction par Florence LAUTEL-RIBSTEIN, Présidente de SEPTET
Conférence plénière (Présidence : Jean-René LADMIRAL)
9 h 15 : Henri MESCHONNIC (Université de Paris VIII) : L’enjeu du traduire pour la théorie du langage.
Bilans et perspectives (Présidence : Lance HEWSON)
10 h 15 : Lawrence VENUTI (Temple University, Philadelphia) : Translation, Empiricism, Ethics.
11 h 00 : Pause
11 h 30 : Jean-Jacques LECERCLE (Université de Paris X-Nanterre) : Traduction et interprétation : d’Edmund Crispin au Tintoret.
12 h 15 : Jean-René LADMIRAL (ISIT, Paris et Université de Genève) : Babel et Logos.
13 h 00 : Lunch au Palais universitaire
Approches contemporaines et anciennes revisitées (Présidence : Camille FORT)
14 h 30 : Bruno OSIMO (Università degli Studi di Milano) : A Semiotic  Terminoloy for Translation : How to Describe the Difference between Writing and Translating.
15 h 00 : Antonio LAVIERI (ISIT, Paris) : Le discours traductologique : essai, théorie, fiction.
15 h 30 : James ARCHIBALD (McGill University, Montreal) : Understanding the Ethics of Alterity.
16 h 00 : Pause
(Présidence Nadia D’AMELIO)
16 h 15 : Francine KAUFMANN (Université Bar-Ilan, Ramat-Gan, Israël) : La tâche du traducteur de Walter Benjamin et la mystique juive du langage.
16 h 45 : Françoise WUILMART (Directrice du CETL et du CTLS, Bruxelles) : La fidélité par le truchement méta-linguistique.
17 h 15 : Yvon KEROMNES (Université de Metz et ATIF) : Traduction et représentation du monde : le réalisme en question.
17 h 45 : Nadia D’AMELIO (Université de Mons-Hainaut) : Eloge de l’Etranger : Friedrich Schleiermacher en perspective.
19 h 30 : Réception à l’Hôtel de Ville, Strasbourg, 9, rue Brûlée, 67000 Strasbourg.
20 h 30 : Banquet au restaurant L’Alsace à table, 8 rue des Francs-bourgeois 67000 Strasbourg.

Samedi 10 mars

Traduire le langage philosophique de Valéry en langues étrangères (Présidence : Jürgen SCHMIDT-RADEFELDT)
9 h 00: David ELDER (Edith Cowan University, Perth) : Réflexions préliminaires sur la notion de traduction chez Paul Valéry et Jacques Derrida.
9 h 30 : Monique ALLAIN-CASTRILLO (ITEM/CNRS, Paris) : Traduire Le Cimetière marin en espagnol : entre traduction(s) poétique et /ou philosophique.
10 h 00 : Pause
(Présidence : Monique ALLAIN-CASTRILLO)
10 h 30 : Paul GIFFORD (St Andrews University, Ecosse) : Valery’s English-Speaking Persona : Problems of Translating  “Philosophie”.
11 h 00 : Jürgen SCHMIDT-RADEFELDT (Université de Rostock) : Moi et Corps / Esprit / Monde : quatre concepts philosophiques du langage de Paul Valéry et leur traduction contextuelle allemande.
11 h 30 : Kunio TSUNEKAWA (Hitotsubashi University, Tokyo) : Comment traduire en japonais les mots-clefs du valérysme : Esprit, Intellect, Intelligence.
12 h 00 : Maria-Teresa GIAVERI : (Università degli Studi di Napoli, l’Orientale) : Questions de traduction italienne : l’âme, l’esprit de Paul Valéry.
12 h 30 : Déjeuner au restaurant La Gallia, Quai du Maire Dietrich, 67000 Strasbourg.
Traduction et philosophie du langage en Orient
(Présidence : Andrew PARKIN)
14 h 00 : Laurence WONG (The Chinese University of Hong Kong) : The Myriad Voices of The Divine Comedy : Its Chinese and European Translations.
14 h 30 : Véronique ALEXANDRE JOURNEAU (Chercheur associé Réseau Asie-IMASIE) : Poète versus linguiste : entre la part de rêve de l’un et le désir de réalité de l’autre, quelle voie pour la traduction ?
15 h 00 : Julie BROCK (Université Kôgeisen.i de Kyôto) : La liberté du traducteur et la fidélité au texte poétique : quelques visées philosophiques sur la traduction des poésies de langues asiatiques.
15 h 30 : Lectures d’un extrait de la Divine Comédie de Dante et de ses traductions par Laurence WONG, Andrew PARKIN, Antonio LAVIERI, etc.
16 h 00 : Synthèse par Michel MOREL (Université de Nancy II, Président d’honneur de SEPTET).
16 h 30 : Clôture du colloque.