Traduire le sacré 1/ Translating the Sacred

Traduire le sacré / Translating the Sacred
Université de Picardie-Jules Verne, Logis du Roy (Amiens centre)les 13 et 14 juin 2013

Organisé par SEPTET, Société d’Etudes des Pratiques et Théories en Traduction
 et CORPUS (Conflits, représentations et dialogues dans l’univers anglo-saxon), université de Picardie-Jules Verne en partenariat avec l’IEFR (Institut d’Étude des Faits Religieux)

Comité scientifique :

- Rémy Bethmont (Université de Picardie Jules Verne)
- Camille Fort (Université de Picardie Jules Verne)
- Mohammed Jadir (Université Hassan II, Mohammedia)
- Francine Kaufmann (Université Bar Ilan)
- Jean-René Ladmiral (Université Paris Ouest Nanterre-La Défense)
- Florence Lautel-Ribstein (Université d’Artois, présidente de SEPTET)

Ces deux journées d’étude, qui empruntent leur titre à l’article de Robert Barnes dans The Oxford Handbook of Translation Studies (2011), porteront sur la traduction des textes et livres « sacrés », judaïques et chrétiens, (un second colloque, prévu à l’Université d’Artois en mai 2014, se penchera sur les traditions islamiques et bouddhistes)… sans chercher à restreindre les angles d’approche.

Il s’agira de revenir l’héritage historique et culturel sédimenté par ces traductions, ainsi que sur les débats, philosophique, esthétiques, linguistiques qu’elles ont pu générer, hier comme aujourd’hui. Horizons traductifs et méthodes employées, pour peu qu’elles se laissent retracer ; rapport irénique ou agonique de ces traductions entre elles, dans leur gestation successive, sous le coup d’une possible anxiety of influence, pour reprendre le terme forgé par Harold Bloom, orientant leurs choix discursifs ; effets de lecture suscités par ces choix…
Il y a bien sûr une certaine provocation à parler de « discours du sacré », un discours que pourrait recouvrer, préserver, prolonger la traduction. Comment celle-ci se positionne-t-elle par rapport à cette tension entre le discours, activité profondément humaine, et le sacré comme ce qui excède ou transcende, incommensurablement, toute activité humaine ? Comme relier le mot au Verbe, voire le mot au mot, par-delà l’écart culturel, linguistique, philosophique, parfois même éthique ? Cette dimension poïétique nous amènera aussi bien à examiner des œuvres littéraires qui, saisissant pour enjeu le rapport entre l’humain, le discours et le sacré, le traducteur leur traducteur à entrer à son tour dans un rapport créatif, expérimental par rapport au langage.

Borrowing its title from Robert Barnes’s contribution to The Oxford Handbook of Translation Studies (2011) this two-day conference aims to examine translations of “sacred” books and texts, Judaic and Christian, as a second conference will address Islamic and Buddhist traditions in Spring 2014 – from an open range of approaches.
These concern the historical and cultural heritage constituted by these translations, but also the philosophical, aesthetic or linguistic debates they generated and still generate today. Contributions might want to address the purpose and methods of translators, insofar as they can be retraced, the manner in which these translations fostered or foiled one another, the “anxiety of influence” that may have directed their discursive choices, the readers’ responses elicited by these choices.
There is of course a certain provocative aspect underlying the very notion of a “discourse of the sacred”, one that could be retrieved, preserved and furthered by the translation. How does it address the tension between discourse as a human-bound performance and the cultural definition of the sacred as that which exceeds or transcends all human activities? How do they tie again the human word to the Verb, or even the word to the word, across cultural, linguistic, philosophical, sometimes even ethical difference? Translation as poietics, when it engages with the sacred, can also lead us to examine literary works focusing on the relationship between man, discourse and the holy, the numinous, the divine, and the manner in which translators, in turn, engaged with their experiments on creative language.

Programme

Jeudi 13 juin (Logis du Roy, square J. Boquet, Amiens-centre)

9h00 : Accueil des participants (buffet-café)
9h45 : Ouverture du colloque
Conférences d’ouverture (présidence Camille Fort, UPJV)
10h-11h 
: Marc-Alain Ouaknin (Atelier Targoum/Fondation Moses Mendelssohn) : « ‘Roches de mots’ : traduction et lapidation. Les mystères du mot Targoum »
11h-12h : Marc de Launay (CNRS) : « Genèse I – quel texte traduire ? »
12h-12h15 : Pause
12h15-13h : Stéphanie Anthonioz (Université catholique de Lille, membre de l’équipe de recherche des Milieux Bibliques au Collège de France) : « La Bible aujourd’hui, quelle traduction à la lumière des manuscrits de Qumrân ? »
13h-14h30 : Déjeuner au Logis du Roy et temps libre
Atelier « Approches juives de la traduction » (présidence Francine Kaufmann, Université Bar Ilan)
14h30-15h15 :
Francine Kaufmann (Université Bar Ilan) : « L’approche juive de la traduction des sources sacrées »
15h15-16h : Cyril Aslanov (Université hébraïque de Jérusalem) : « Quand la traduction se languit de l’original : de la Septante à Chouraqui »
16h – 16h15 : Pause café
16h15-17h : David Banon (Université de Strasbourg) : « Traduction et/ou herméneutique. Meschonnic versus Levinas-Neher »
17h – 17h45 : Marc-Alain Ouaknin (Atelier Targoum/Fondation Moses Mendelssohn) : « La question de l’amphibologie au cœur de la traduction »
20h30 : Banquet

Vendredi 14 juin (Logis du Roy, square J. Bocquet, Amiens-centre)

Conférence d’ouverture
9h30-10h30 :
Jean-René Ladmiral (Université de Paris Ouest-Nanterre-La-Défense) : « L’impensé théologique de la traduction »
Atelier : « La Bible et ses traducteurs », (présidence Charles Coutel, directeur de l’IEFR)
10h30-11h15 :
Christian Cannuyer (Faculté de Théologie de Lille, Président de la Société Belge d’Études Orientales) : « La Septante et son adaptation au contexte égyptien »
11h15-11h30 : pause
11h30-12h15 :
Xavier-Laurent Salvador (Paris-13 Nord) : « Traduire l’origine ou dire vrai : traduction et adaptations de la page sacrée dans la traduction en prose du Pentateuque de la Bible historiale (1297) »
12h15-13h : Maria Antoniou (Université Nationale et Kapodistrienne d’Athènes), « Traduire les Psaumes : du grec vers le français »
13h-14h30 : Déjeuner au Logis du Roy et temps libre
Atelier « Traduction du sacré et expression poétique » (présidence Florence Lautel-Ribstein, Université d’Artois)
14h30-15h15 :
Marie-Christine Gomez-Geraud (Université de Paris Ouest-Nanterre) : « Sébastien Castellion, un traducteur iconoclaste ? »
15h15-16h : Nadia D’Amelio (Université de Mons) : « La Lumière et les ténèbres ou l’oxymore fondateur de Darkness Visible (William Golding) et sa traduction française »
16h-16h15 : Pause
16h15-17h :
Laurence Petit (Université de Montpellier-3) et Pascal Bataillard (Université de Lyon-2) : « Aux confins du sacré : la traduction de Ragnarok de A. S. Byatt »
17h – 17h45 : Camille Fort, « George Herbert, la lettre et l’esprit : un défi pour la traduction »

Pour tout renseignement, contacter Camille Fort (camillefort@yahoo.fr) ou Rémy Bethmont (remy@betmont.net)