Traduire : le tournant épistémologique

Traduire : le tournant épistémologique

Colloque international
Université Paris Ouest-Nanterre-La Défense
3-4 décembre 2010

Organisé par :

  • SEPTET
  • MoDyCo, université de Paris Ouest-Nanterre-La Défense

Comité organisateur :

  • Didier Bottineau (Université Paris Ouest-Nanterre/CNRS)
  • Giuseppe Gargiulo (Université Paris Ouest-Nanterre, directeur du CERT)
  • Florence Lautel-Ribstein (Université d’Artois, présidente de SEPTET),
  • Antonio Lavieri (ISTI, Paris et Université de Palerme)

Comité scientifique :

  • Didier Bottineau (Université Paris Ouest-Nanterre/CNRS)
  • Giuseppe Gargiulo (Université Paris Ouest-Nanterre)
  • Maria Teresa Giaveri (Université de Turin)
  • Jean-René Ladmiral (ISIT, Paris)
  • Florence Lautel-Ribstein (Université d’Artois, présidente de SEPTET)
  • Antonio Lavieri (ISIT, Paris et Université de Palerme)

Dans le cadre de ses activités scientifiques et culturelles, SEPTET (Société d’Etudes des Pratiques et Théories en Traduction) organise, avec le soutien du CERT (Centre d’Etudes et de Recherches en Traduction) de l’Université de Paris Ouest-Nanterre-La Défense, un colloque international les 3 et 4 décembre 2010, dont le thème retenu est le suivant :

Présentation

Depuis les années soixante-dix, nous assistons à une véritable éclosion des études sur la traduction. Au changement paradigmatique introduit par les Descriptive Translation Studies viendra s’ajouter la théorie du polysystème de l’Ecole de Tel Aviv, grâce aux études de Itamar Even-Zohar et Gideon Toury. La traductologie philosophique de Jean-René Ladmiral, la poétique du traduire d’Henri Meschonnic et la critique des traductions d’Antoine Berman s’imposeront sur une toute une nouvelle génération de chercheurs, en France comme au-delà des limites de l’Hexagone. Et il faudrait encore citer les travaux d’Emilio Mattioli en Italie, de Theo Hermans au Royaume-Uni et de Friedmar Apel en Allemagne, sans compter les différents chantiers actifs au Canada et aux Etats-Unis. Il est évident que, depuis au moins une quarantaine d’années, une panoplie de nouveaux discours sur la traduction s’est formée, annonçant plusieurs transformations épistémologiques dans la manière de réfléchir sur les théories et les pratiques du traduire. Il en résulte que les études sur la traduction se caractérisent aujourd’hui par une telle diversité d’approches qu’elles ne semblent plus se référer à un seul horizon méthodologique et interprétatif : qu’il s’agisse de « Traductologie », de « Translation Studies » ou de « Übersetzungswissenchaft » ces discours de savoir se prêtent à une variété de développements herméneutiques incluant des visions du monde qui se heurtent, finissant par prendre souvent la forme d’idéologies plus ou moins rigides.

Dans son acception la plus large, la traductologie – réflexion sur la nature, les conditions et les modalités du processus de traduction – est une discipline bien plus contemporaine que l’activité à laquelle elle renvoie. Plus encore que les autres sciences, la traductologie n’est pas séparable non plus du contexte historique et géographique où elle se déploie.

Ce cadre général sert à formuler quelques questions d’ordre méthodologique :

  •  Le savoir traductologique tel qu’il s’est développé depuis une quarantaine d’années, peut-il éclairer les modalités de construction des objets théoriques en lettres et sciences humaines et sociales ?
  •  Comment peut-il fournir un espace de réflexion commun à des disciplines connexes (anthropologie, histoire culturelle et intellectuelle, sciences du langage, esthétique et théorie littéraire) ?
  • Comment peut-il contribuer à la réflexion sur le mode de circulation des connaissances, des biens scientifiques, culturels et symboliques ?
  • Quelles leçons peut-on tirer du fait que le savoir traductologique a de façon persistante construit ses outils, ses méthodes, ses métalangages dans le cadre des langues, des cultures, des philosophies, des traditions universitaires occidentales ?

Axes de travail 

  • L’organisation du champ des recherches traductologiques dans différents pays et/ou aires culturelles dans la seconde moitié du XXe siècle ;
  • L’histoire réflexive de la traductologie, telle que les linguistes, les traductologues, les philosophes, les anthropologues et les comparatistes ont pu l’élaborer à l’époque contemporaine ;
  • Une réflexion d’ordre linguistique, historique, épistémologique et anthropologique sur la notion même de traduction ;
  • Les enjeux sociaux et symboliques du métalangage traductologique et la valeur heuristique des concepts utilisés en théorie de la traduction. 
PROGRAMME : 

Vendredi 3 décembre 2010

9h00 :  Accueil des participants
9h30 : Ouverture du colloque
Bernard Laks, Vice-président chargé de la Recherche et du Conseil scientifique de l’Université Paris Ouest-Nanterre-La Défense
Florence Lautel-Ribstein (Université d’Artois), Antonio Lavieri (Université de Palerme), Didier Bottineau (CNRS/Université de Paris Ouest-Nanterre-La Défense), Gius Gargiulo (Université de Paris Ouest-Nanterre-La Défense)
Le discours traductologique I : enjeux philosophiques, sémantiques et anthropologiques
Présidence : Didier Bottineau
9h45Epistémologie de la traduction – Jean-René Ladmiral (ISIT, Paris)
10h15 La traduction à la lumière de la théorie des formes sémantiques – Pierre Cadiot (Université d’Orléans)
10h45 : Pause café
11h00 : Traductologie et anthropologie des savoirs – Antonio Lavieri (Université de Palerme)
11h30 :  Discussion
12h00 :  Pause déjeuner au restaurant universitaire “La Terrasse”
Le discours traductologique II : enjeux linguistiques, cognitifs et sociaux
Présidence : Gius Gargiulo
14h30Repenser le discours traductologique – Jean Peeters (Université de Bretagne-Sud)
15h00 Cognématique et traductologie – Didier Bottineau (CNRS /Université de Paris Ouest-Nanterre-La Défense)
15h30La science humaine du traduire : une traductologie généralisée ondulatoire – Sung-Gi  Jon (Université Korea)
16h00 : Discussion
16h30 : Pause café
De l’esthétique de la traduction aux pratiques du traduire
Présidence : Florence Lautel-Ribstein
16h45L’invariant de l’ « effet de vie » : un outil pour la traduction – Marc-Matthieu Münch (Université Paul Verlaine, Metz)
17h15 : Traduire (avec) Lacan – Camille Fort (Université de Picardie-Jules Verne)
17h45 :  Grammaire conceptuelle : outil traductif, Magdalena Nowotna (INALCO)
18h15 : H. Meschonnic, ou la fondation d’un nouveau discours traductologique, Claire Placial (Université de Paris-Sorbonne)
18h45 :  Discussion

Samedi  4 décembre 2010

Epistémologie, littérature, histoire : écrire la traduction, comparer les modèles
Présidence : Antonio Lavieri
9h30La traduction comme image des différences – Silvana Borutti (Université de Pavie)
10h00Pour une approche comparative et différentielle du traduire – Ute Heidmann (Université de Lausanne)
10h30 : Pause café
10h45  : Un « objet à croisement intrinsèque » : les interprètes militaires pendant la Première Guerre Mondiale – Franziska Heimburger (EHESS, Paris)
11h15 : Traduire l’Angleterre : politiques de l’anglomanie (1814 – 1848) –  Gabriel Moyal (Université Mc Master, Hamilton, Canada)
11h45 : Discussion et conclusions
12h15 : Apéritif